13. Ce que femme veut, Dieu le veut !
La mission prophétique de la femme

Le prophète est celui qui voit, qui écoute, et qui transmet ce qu'il a vu et entendu. Le prophète est un familier de l'Esprit-Saint, âme de l'Eglise. Jean-Paul II avait dit, lors de son voyage en France, en 1981 : "S'il est vrai que l'Eglise au sens hiérarchique est dirigée par les successeurs des Apôtres, il est certainement d'autant plus vrai qu'au sens charismatique les femmes la conduisent tout autant et peut-être encore plus" (Georgette Blaquière - La grâce d'être femme).

Au sens charismatique, c'est-à-dire selon les dons de l'Esprit-Saint. Il y a diversité de dons, dit St Paul ; tout le monde n'est pas prophète, tout le monde n'est pas apôtre... Si la femme a des dons multiples, et si elle est capable de faire de grandes choses, comme nous l'avons déjà évoqué, sa mission première n'est pas d'agir, mais d'être écoute contemplative de la Parole de Dieu pour la transmettre aux hommes. Là est profondément, essentiellement, le ministère de la femme, de toute femme, et pas seulement de la religieuse contemplative. C'est ce que Jésus signifiait quand il répondait à Marthe : "Marie a choisi la meilleure part. Elle ne lui sera pas enlevée" (Lc 10, 42). Là est le service spécifique de la femme. Car la femme, dans son mystère d'intériorité, par sa vocation à l'amour, a une relation privilégiée à l'Esprit-Saint, Amour du Père et du Fils. Ainsi, la Vierge Marie à l'Annonciation fut remplie de l'Esprit-Saint, au moment où s'accomplissait la plénitude de sa féminité.
Dans l'Evangile, la femme a toujours été la première à découvrir le mystère et à en être la médiatrice : Marie à l'Annonciation ; Elisabeth qui fut remplie du Saint-Esprit lors de la Visitation ; Marie encore, lorsqu'elle retrouve Jésus au Temple : elle ne comprend pas, mais elle garde sa réponse, la méditant en son coeur ; à Cana, où Jésus accomplit son premier miracle ; la Samaritaine, à qui Jésus dévoile pour la première fois son nom de Messie ; Marthe qui, l'ayant reconnu, professe publiquement la filiation divine de Jésus ; Marie de Béthanie qui prophétise la mort et l'ensevelissement de Jésus en répandant sur ses pieds un parfum de grand prix ; les femmes de Jérusalem qui suivent Jésus sur le chemin du calvaire et à qui Jésus demande de ramener les hommes sur le chemin de la conversion ; à la mort de Jésus, les femmes sont là ; et de sa résurrection, ce sont les femmes qui sont les premiers témoins. C'est une femme, Marie-Madeleine, qui reçut la grâce de la première apparition de Jésus ressuscité : Marie-Madeleine, à qui Jésus commande d'annoncer la nouvelle aux Apôtres, n'est-elle pas appelée l'apôtre des Apôtres ?

A chaque fois donc qu'un événement important se passe dans la vie de Jésus, une femme est présente. Elle a le rôle de témoin et de messagère du mystère. Elle transmet ce qu'elle a vu et entendu, puis s'efface.

La Samaritaine, après son entretien avec Jésus, va parler aux hommes de sa ville : "Venez voir un homme qui m'a dit tout ce que j'ai fait. Ne serait-il pas le Christ" (Jn 4, 29). Venus auprès de Jésus, les hommes croient parce qu'alors ils le voient ; et l'Evangile nous rapporte cette réflexion : "Ils disaient à la femme : ce n'est plus sur tes dires que nous croyons ; nous l'avons nous-mêmes entendu et nous savons que c'est vraiment lui le Sauveur du monde" (Jn 4, 42). Son rôle est rempli, elle n'a plus qu'à s'effacer : elle a mené les hommes au Christ.

C'est la réponse pleine de bon sens, de foi et d'humilité que Bernadette Soubirous fit à son curé qui lui disait en substance : "Tu ne t'imagines tout de même pas que tu vas me faire croire ce que tu racontes !". Et Bernadette de répondre : "La dame m'a dit de vous le dire, pas de vous le faire croire !"

Tel est le rôle du prophète, telle est la mission prophétique de la femme : annoncer aux hommes le mystère de l'amour qui est en Dieu et dont elle est, par son être même, le témoin.

Ainsi, toute proche du mystère de Dieu, habitée par l'Esprit-Saint, la femme perçoit intuitivement la présence de Dieu dans le monde et dans les hommes ; dans la délicatesse de son coeur, elle pressent ce qui correspond aux vue de Dieu. Marie, à Cana, a vu l'embarras où allaient se trouver les jeunes mariés, et elle dit simplement à son Fils : "Ils n'ont pas de vin" (Jn 2, 3). Puis, dans une totale confiance, malgré la réponse apparemment négative de Jésus, s'adressant aux serviteurs, elle leur dit : "Tout ce qu'il vous dira, faites-le" (Jn 2, 5). Elle a vu, elle a transmis : elle laisse Jésus agir comme Il l'entend. Et ce fut le premier miracle de Jésus : ce jour-là, sur l'intervention de Marie, "Il manifesta sa gloire et ses disciples crurent en Lui" (Jn 2, 11).

La cananéenne qui venait implorer Jésus pour la guérison de sa fille, elle aussi s'est vue rejetée dans sa demande. Et il lui faudra insister dans un humble et immense acte de foi pour obtenir gain de cause : mais sa fille, en définitive, sera guérie.
Oui, vraiment, ce que femme veut, Dieu le veut ! Pourquoi ? Parce que la femme est le réceptacle de l'Esprit-Saint et que, comme le dit St Paul, "l'Esprit intercède pour nous en des gémissements ineffables. Celui qui sonde les coeurs sait quel est le désir de l'Esprit et que son intercession pour les saints correspond aux vues de Dieu" (Rm 8, 26-27).