Que votre cœur ne se trouble pas …. Ne craignez pas….

Le chemin que vous, les mères, les pères, vous vivez, est beau, mais pas facile tous les jours et les virages vous montrent toujours un nouveau paysage, un inattendu, voire des gros nuages, même face à ce que vous pouviez quelque peu prévoir, mais toujours autrement ! Co-créateurs, vous l’avez été à l’origine. Collaborateurs, vous l’êtes devenus à mesure que le temps passe !

Vous ne pouvez être indifférents à ce qui marque la vie de votre enfant – (je dis "votre" car pour vous, chacun est unique, et comme le Seigneur vous lui dites : "Tu es unique, tu as du prix à mes yeux et je t’aime"). Dans les bourrasques et les tempêtes, vous savez qu’Il est là, le Maitre !

Avant de terminer je voudrais vous donner un exemple qui m’a dit fortement l’importance de la famille et des parents.
Il y a quelques années, j’ai accompagné un jeune couple qui vivait quelque chose de très dur : ils attendaient un bébé qui avait une malformation cardiaque majeure. Ils savaient qu’il partirait à la naissance. Dans des grands services hospitaliers il leur avait été proposé d’interrompre cette grossesse. Ils étaient alors revenus chez nous, dans le but d’accompagner leur bébé jusqu’au bout, de lui laisser tout son compte de vie, de lui donner tout son compte d’amour.

Les parents de la jeune femme étaient là, très vite, quand le bébé les a quittés et j’ai entendu cette jeune maman, son bébé dans les bras, dire à ses parents , en les embrassant dans les larmes : "Merci Maman, Merci Papa ! C’est grâce à ce que vous m’avez donné depuis 25 ans que nous avons pu faire ce chemin !"

Vous semez. Vous ne semez pas en vain. Vous ne savez pas ce que vous récolterez. Le soleil fera mûrir de beaux fruits. Ils ne vous sont pas connus : vous appartiennent-ils ?

Et si nous nous plaçons vraiment à un niveau théologal de foi, de confiance, d’amour, nous le savons bien, nous pourrons foncer. De plus n’oublions pas -surtout si "ça rame" trop- que "Dieu est avec nous": Le Père, origine de toute consolation (2 Co 1,3-7), ne vous lâchera pas ; le Christ en qui nous nous consolons mutuellement dans nos épreuves, sera là ; l'Esprit Paraclet, qui est le consolateur par excellence, vous donnera tout ce que vous lui demandez ! Il vous suffit d’ouvrir les mains ou la porte de votre cœur ! "Je me tiens à la porte et je frappe" et j’ai mille réserves pour chacune de vous ! Quelle alliance plus vitale et plus vraie entre la vibration émotionnelle de vos cœurs charnels, de mères et le souffle infini de Dieu qui se donne ?

Et j’ai envie d’ajouter : Marie qui vous a été donnée comme mère et modèle gardera aussi l’œil sur votre petite famille ! Je ne peux oublier qu’aujourd’hui Joseph pourrait bien vous rappeler que la Sainte Famille dont il a eu la garde veille aussi sur chacune de vos familles ! Alors confiance et courage, je vous le disais bien : vous n’êtes pas seules. Votre force est en Dieu ! Et n’oubliez pas : adressez-vous aux anges gardiens de vos enfants quand vous ne savez plus comment les rejoindre !

Nous disions au début : éducation…relation…confiance…vigilance…rigueur…abandon…tendresse…attention…croissance… tenir… lâcher…conduire…montrer…indiquer…guider…laisser aller… et encore ?

Mère et éducatrice ! C’est un chantier, vous avez raison ! Pour un chef d’œuvre ! Croyez-le !

A l’artisan de Nazareth, Joseph, notre créateur, le Verbe fait chair, s’est confié ! Il n’est sorti de la Sainte Famille, à trente ans, que pour que nous puissions y entrer ; et peut-être pourrons-nous y vivre, nous aussi, une intimité avec Joseph. Alors, n’oublions pas de lui confier nos chantiers, chacun de nos enfants, leurs chemins, leurs vocations !

Petite Soeur Marie Albert
Petite Soeur des Maternités Catholiques
29 mars 2010