Et, si nous faisions alors un petit détour par Marie ?

Mais qui est Marie, modèle de la femme et des mères ?

Marie, c’est d’abord l’humble jeune fille de Nazareth qui reçoit la visite de l’Ange. Dans les fresques ou icônes, elle scrute la parole de Dieu, le plus souvent. Parole de Dieu : lieu de rencontre de Dieu. On nous le redit assez, et c’est heureux. Parole de Dieu qui va s’incarner ! Parole de Dieu qui "illustre" un mystère.

Cette visite va bouleverser sa vie de jeune fille tranquille puisqu’il lui est annoncé qu’elle va devenir la Mère de Jésus, la Mère de Dieu.

Une jeune fille qui se laisse déranger et dit un premier OUI, dans l’enthousiasme de sa jeunesse. Elle sait bien qu’il sera suivi de beaucoup d’autres oui : me voici… Ecce… OUI… Fiat… et  Magnificat : Le Seigneur fit pour moi des merveilles. Elle renvoie au Seigneur.

"Heureuse, toi qui a cru que s’accompliront les choses qui te furent dites de la part du Seigneur " lui dit Elisabeth (Luc 1 45). La mère de Jean Baptiste va d’emblée au cœur du mystère : entre mères elles se comprennent !

L’envoyé de Dieu sollicite le consentement de la jeune fille d’Israël. Il dialogue avec elle : il la rassure ; il lui expose le plan divin. Marie accepte. Marie accueille l’invraisemblable nouvelle ! Ecce, me voici, fiat, OUI !

Certes les faveurs dont Marie était comblée lui donnaient, croit-on, une tendance spontanée, et toujours en éveil pour s’accorder aux vouloirs du Très Haut. Marie scrutait les Ecritures, donc elle attendait la venue du Messie avec son peuple.

Vierge -fait dire st Bernard à l’Ange– hâtez-vous de nous donner la réponse. Marie va croire plus qu’elle ne comprend. Elle doit connaitre l’émerveillement, la crainte, la surprise, voire, peut-être, d’abord un regard interrogatif ? Une retenue intérieure liée à la crainte -qui sait ?- que cet évènement inimaginable peut provoquer. Mais Marie accepte. Ecce... Elle répond oui au delà de ce qu’elle comprend, au-delà de cette part de lumière qu’elle a reçu.

Marie a cru. Mais Marie n’a compris qu’à force de fidélité. N’est-ce pas un peu le lot de toutes vocations et particulièrement de celles qui sont appelées à lancer d’autres êtres dans la vie ? St Augustin exalte cette Mère unique "qui fut plus heureuse de recevoir dans la foi le Christ que de concevoir la chair du Christ…. Le lien maternel n’eut servi à rien à Marie si elle n’avait pas eu plus de bonheur à porter le Christ dans son cœur que dans sa chair ".

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