Le message chrétien sur la vie

La défense et la mise en valeur de ce droit [le droit à la vie} doivent être, de manière particulière, l'oeuvre de ceux qui croient au Christ, conscients de la merveilleuse vérité rappelée par le Concile Vatican II : "Par son Incarnation, le Fils de Dieu s'est en quelque sorte uni lui-même à tout homme". Dans cet évènement de salut, en effet, l'humanité reçoit non seulement la révélation de l'amour infini de Dieu qui "a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique" (Jn 3, 6), mais aussi celle de la valeur incomparable de toute personne humaine (EV 2).

Et, scrutant assidûment le mystère de la Rédemption, l'Eglise reçoit cette valeur avec un étonnement toujours renouvelé, et elle se sent appelée à annoncer aux hommes de tous les temps cet "évangile", source d'une espérance invincible et d'une joie véritable pour chaque époque de l'histoire. L'Evangile de l'amour de Dieu pour l'homme, l'Evangile de la dignité de la personne et l'Evangile de la vie sont un Evangile unique et indivisible (EV 2).

C'est pourquoi l'homme, l'homme vivant, constitue la route première et fondamentale de l'Eglise (E.V. 2).

En Jésus, "Verbe de vie", est annoncée et communiquée la vie divine et éternelle. Grâce à cette annonce et à ce don, la vie physique et spirituelle de l'homme, même dans sa phase terrestre, acquiert sa plénitude de valeur et de signification : la vie divine et éternelle, en effet, est la fin vers laquelle l'homme qui vit dans ce monde est orienté et appelé. L'Evangile de la vie contient ainsi ce que l'expérience même et la raison humaine disent de la valeur de la vie ; il l'accueille, l'élève et la porte à son accomplissement (E.V. 30).

Grande en vérité, est la valeur de la vie humaine, puisque le Fils de Dieu l'a prise et en a fait l'instrument du salut pour l'humanité entière ! (E.V. 33).

La vie que le Fils de Dieu est venu donner aux hommes ne se réduit pas à la seule existence dans le temps. La vie, qui depuis toujours est "en lui", et constitue "la lumière des hommes" (Jn 1, 4), consiste dans le fait d'être engendré par Dieu et de participer à la plénitude de son amour...

La vie éternelle est définie par Jésus lui-même lorsqu'il s'adresse au Père dans la grande prière sacerdotale : "La vie éternelle, c'est qu'ils te connaissent, toi, le seul véritable Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ" (Jn 17, 3). Connaître Dieu et son Fils, c'est accueillir le mystère de la communion d'amour du Père, du Fils et de l'Esprit Saint dans notre vie qui s'ouvre dès maintenant à la vie éternelle dans la participation à la vie divine (E.V. 37).

La vie éternelle est donc la vie même de Dieu ainsi que la vie des fils de Dieu. Le croyant ne peut manquer d'être saisi d'un émerveillement toujours renouvelé et d'une reconnaissance sans limites face à cette vérité surprenante et ineffable qui nous vient de Dieu dans le Christ..

C'est ainsi que la vérité chrétienne sur la vie parvient à sa plénitude. La dignité de la vie humaine n'est pas seulement liée à ses origines, au fait qu'elle vient de Dieu, mais aussi à sa fin, à sa destinée qui est d'être en communion avec Dieu pour le connaître et l'aimer (E.V. 38).

Dans une telle perspective, l'amour de tout être humain pour la vie ne se réduit pas à la seule recherche d'un espace d'expression de soi et de relation avec les autres, mais il se développe dans la conscience joyeuse de pouvoir faire de son existence le "lieu" de la manifestation de Dieu, de la rencontre et de la communion avec lui (E.V. 38).

La vie atteint son centre, son sens et sa plénitude quand elle est donnée. Ici la méditation se fait louange et action de grâce, et en même temps, elle nous incite à imiter Jésus et à suivre ses traces. Nous sommes, nous aussi, appelés à donner notre vie pour nos frères, réalisant ainsi dans la plénitude de la vérité le sens et le destin de notre existence. Nous pourrons le faire car Toi, Seigneur, tu nous as donné l'exemple et tu nous as communiqué la force de ton Esprit. Nous pourrons le faire si, chaque jour, avec toi et comme toi, nous obéissons au Père et nous faisons sa volonté. Accorde-nous donc d'écouter avec un coeur docile et généreux toute parole qui sort de la bouche de Dieu ; nous apprendrons ainsi non seulement à ne pas tuer la vie de l'homme mais à la vénérer, à l'aimer et à la favoriser (E.V. 51).

L'Evangile de la vie est un grand don de Dieu, et en même temps un devoir qui engage l'homme. Il suscite étonnement et gratitude chez la personne libre et il demande à être accueilli, gardé et mis en valeur avec un sens aigu de la responsabilité : en lui donnant la vie, Dieu exige de l'homme qu'il la respecte, qu'il l'aime et qu'il la promeuve. De cette manière, le don se fait commandement et le commandement est lui-même un don (E.V. 52).

L'obéissance libre et joyeuse à la Loi de Dieu naît et se nourrit de la conscience que les préceptes du Seigneur sont un don de la grâce, qu'ils sont confiés à l'homme toujours et seulement pour son bien, afin de garder sa dignité personnelle et d'aller à la recherche de la béatitude (E.V. 52).

La vie est confiée à l'homme comme un trésor à ne pas dilapider, comme un talent à faire fructifier. L'homme doit en rendre compte à son Seigneur (Mt 25, 14- 30 : Lc 19, 12-27) ( E.V. 52).

Tous ensemble, nous ressentons le devoir d'annoncer l'Evangile de la vie, de le célébrer dans la liturgie et dans toute l'existence, de le servir par les diverses initiatives et structures destinées à son soutien et à sa promotion (E.V. 79).