4. Merci à toi, femme-mère !
Le don de la vie : la maternité charnelle

"Merci à toi, femme-mère, qui accueilles en ton sein l'être humain dans la joie et dans la peine d'une expérience unique par laquelle tu deviens sourire de Dieu pour l'enfant qui vient au monde" (n° 2).

C'est ainsi que Jean-Paul II souligne la maternité comme la toute première expression du génie de la femme. Car la maternité est la manifestation de ce mystère d'intériorité qui permet à l'homme, à tout homme, de germer, de mûrir et de croître.

Si la femme est physiquement orientée vers cette maternité -et combien est admirable et digne d'émerveillement tout le processus bio-physiologique qui lui permet de porter la vie- c'est plus profondément dans cette vocation au don de toute sa personne dans l'accueil de la vie nouvelle que se définit la maternité. "La maternité comporte une communion particulière avec le mystère de la vie qui mûrit dans le sein de la femme. La mère admire ce mystère. Par son intuition unique, elle comprend ce qui se produit en elle" (Mulieris Dignitatem n° 18).

Et c'est bien parce qu'une femme a toujours, au plus profond d'elle-même, cette intuition du mystère de la vie, de la grandeur de ce tout-petit qu'elle porte en elle, qui n'a peut-être pas figure humaine encore, mais qui lui est tout particulièrement confié, c'est bien pour cela qu'elle sera si gravement blessée lorsque, dans un choix plus ou moins conscient et libre, elle aura eu recours à l'avortement. Et là, Jean-Paul II, en rappelant l'homme à sa responsabilité dans le drame de l'avortement, rend hommage aux femmes qui "avec un amour héroïque pour leur enfant poursuivent une grossesse liée à l'injustice de rapports sexuels imposés par la force" (n° 5).

Le Pape écrivait déjà, dans l'Evangile de la Vie : "Pour obtenir un tournant culturel en faveur de la vie, la pensée et l'action des femmes jouent un rôle unique et sans doute déterminant. J'adresse moi aussi aux femmes cet appel pressant du Concile Vatican II : "Réconciliez les hommes avec la vie !" (EV n° 99).

Jean-Paul II fait remarquer : "Le don de la maternité est plus souvent pénalisé qu'il n'est estimé alors que l'humanité lui doit sa propre survie" (n° 4). Pourtant si être parents concerne le père et la mère, c'est la femme qui donne littéralement toutes ses énergies physiques et spirituelles à l'enfant à naître. Dans Mulieris Dignitatem, Jean-Paul II rappelait avec force, comme il le fait dans cette lettre aux femmes : "Il faut que l'homme ait pleinement conscience de contracter une dette particulière envers la femme, dans leur fonction commune de parents. Aucun programme de "parité des droits" des femmes et des hommes n'est valable si cela n'est pas pris en compte d'une manière tout à fait centrale" (Mulieris Dignitatem n° 18). Car si l'avenir de l'humanité passe par la famille, comme l'a souvent rappelé le Pape, nous savons combien la femme est le centre et l'âme de toute famille humaine ; et que c'est vers elle que spontanément on se tourne quand on parle de la famille : car qui dit famille dit enfant ; et on ne peut parler de l'enfant sans voir sa mère.

"Tu deviens sourire de Dieu pour l'enfant à naître" : la façon particulière d'exprimer l'image de Dieu pour la femme est de donner la vie, de la faire croître dans le don d'elle-même, de la faire naître à la liberté dans l'amour. N'est-ce pas le dessein de Dieu qui se réalise ainsi par la femme ? N'est-ce pas le mystère de l'alliance de Dieu avec l'homme qui s'est réalisé dans la maternité de Marie, la Mère de Dieu ? Et qui se réalise maintenant en chaque maternité humaine ? Car mettre un enfant au monde, c'est lui donner de pouvoir, par le baptême, devenir fils de Dieu dans le Christ. C'est à chaque naissance le mystère de l'Incarnation qui est rappelé à l'homme. C'est à chaque naissance quelque chose de la joie de Noël : joie profonde qu'éprouvent les parents ; joie qui les dépasse infiniment comme les dépasse infiniment le mystère de ce tout-petit qui vient d'eux et de plus loin qu'eux. Joie mystérieuse, mystère joyeux qui se traduit souvent, au moment de la naissance, par quelques secondes d'un silence qui est prière contemplative, même chez les plus incrédules. Admiration et action de grâces, exprimées de diverses façons : "Je me sens tout petit devant ma fille", disait un papa.

Femme-mère, le Seigneur fait pour toi et par toi des merveilles et notre coeur exulte de joie ! En ta chair s'accomplit le mystère de l'homme, de tout l'homme et de tout homme !