1. A vous toutes, femmes du monde entier, mon salut le plus cordial !"

"A vous toutes, femmes du monde entier, mon salut le plus cordial ! C'est à chacune d'entre vous que j'adresse cette lettre, en signe de partage et de gratitude".

C'est avec beaucoup de chaleur que Jean-Paul II s'adresse ainsi à chaque femme, chrétienne ou non, non pas comme un père, mais comme un frère plein de respect enthousiaste et d'affection pour ses "chères soeurs".

Un mot pourrait résumer le ton de cette lettre : RECONNAISSANCE.
Reconnaissance aux deux sens du terme :

  • reconnaissance qui est gratitude, admiration, estime pour la femme, sa dignité, sa vocation et sa mission
  • reconnaissance qui est découverte et mise en valeur d'une réalité encore si souvent méconnue, mal comprise ou volontairement ignorée et bafouée.

Gratitude, merci, admiration, estime : des mots qui reviennent souvent dans un texte pourtant assez bref :

  • "Merci à la Très Sainte-Trinité pour le mystère de la femme
  • Merci à toi, femme-mère
  • Merci à toi, femme-épouse
  • Merci à toi, femme-fille et femme-soeur
  • Merci à toi, femme au travail
  • Merci à toi, femme consacrée
  • Merci à toi, femme, pour le seul fait d'être femme"

Cet élan de gratitude procède de la découverte, de l'approfondissement et de la mise en valeur du mystère de la femme : ce que Jean-Paul II appelle par six fois : "Le génie de la femme".

  • Contemplation du dessein d'amour de Dieu : lorsqu'il crée l'homme, "Homme et femme il les créa"
  • Reconnaissance de l'égalité de l'homme et de la femme dans la différence et la complémentarité
  • Contemplation du mystère de Marie, "la plus haute expression du génie féminin"
  • Reconnaissance de la vision évangélique de la femme mise en lumière dans l'attitude du Christ à l'égard des femmes
  • Reconnaissance de la dignité de la femme et de son droit au respect
  • Reconnaissance du génie féminin et du rôle spécifique de la femme dans la société et dans l'Eglise

Comme dans beaucoup de ses écrits, Jean-Paul II fait un bilan de la situation, regrettant les erreurs passés, dénonçant les abus présents, rendant hommage à ceux et celles qui, d'une manière ou d'une autre, travaillent à "la défense de la dignité de la condition féminine" (n° 6).

Mais surtout et c'est là une constante dans son enseignement- le "Non" de Jean-Paul II aux discriminations et aux injustices qui touchent les femmes dans le monde entier se veut d'abord et surtout un "Oui" à la promotion de la femme. "Je suis convaincu que le secret pour parcourir rapidement le chemin du plein respect de l'identité féminine ne passe pas seulement par la dénonciation, pour nécessaire qu'elle soit, des discriminations et des injustices, mais encore et surtout par un projet de promotion aussi efficace qu'éclairé, qui concerne tous les domaines de la vie féminine, en partant d'une prise de conscience renouvelée et universelle de la dignité de la femme" (n° 6).

Cette méditation sur le mystère de la femme -que nous retrouvons dans beaucoup d'écrits du Saint-Père -et plus longuement développé dans la lettre apostolique "Mulieris dignitatem" sur la dignité et la vocation de la femme- est un sujet fondamental que Jean-Paul II approfondissait dès le début de son pontificat. C'est en effet toute une méditation sur le mystère de la création de l'homme qui fit l'objet de ses audiences générales de septembre 1979 à avril 1980 ; méditation dont les textes furent rassemblés dans un ouvrage au titre significatif : "A l'image de Dieu, homme et femme".

Si la dignité de la femme et sa vocation propre ont toujours été l'objet de la réflexion humaine et chrétienne, le Concile Vatican II en avait souligné l'importance pour notre temps en déclarant dans son message final : "L'heure vient, l'heure est venue où la vocation de la femme s'accomplit en plénitude ; l'heure où la femme acquiert dans la cité une influence, un rayonnement, un pouvoir jamais atteints jusqu'ici. C'est pourquoi, en ce moment où l'humanité connaît une si profonde mutation, les femmes imprégnées de l'Esprit de l'Evangile peuvent tant aider l'humanité à ne pas déchoir" (message du Concile aux femmes - 8 décembre 1965).

Message lancé au monde il y a plus de quarante ans ! Message d'une brûlante actualité qui doit résonner dans le coeur des hommes et des femmes aujourd'hui comme un appel pressant pour le salut du monde. Nous, hommes et femmes du 3e millénaire, saurons-nous l'entendre ? Qu'allons-nous répondre ?